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Les climats de Bourgogne

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Les Amoureuses, La Goutte d’Or, Les Charmes… Autant de noms enchanteurs désignant quelques-uns des 1 463 climats de Bourgogne, témoins de la richesse du terroir de la région. L’extrême diversité des conditions géologiques, géographiques et climatiques a ainsi donné naissance à une exceptionnelle mosaïque de parcelles d’où proviennent certains des crus les plus réputés au monde.

Un vignoble extrêmement morcelé

 

Le vignoble bourguignon est sans nul doute l’un des plus renommés au monde. Malgré son encépagement peu diversifié dominé par le pinot noir et le chardonnay, la Bourgogne est reconnue pour sa complexité qui la rend parfois difficile à appréhender. Cette région viticole est en effet extrêmement morcelée en une multitude de villages et de hameaux, de lieux-dits, mais aussi de producteurs – ce qui la distingue notamment du Bordelais, où la taille moyenne d’un domaine est de 14,6 hectares contre 6,5 en Bourgogne. Cette fragmentation s’explique par l’importance du terroir dans ce vignoble qui est le seul à le désigner par un terme bien spécifique, qui n’est utilisé nulle part ailleurs : le climat.

Un climat désigne ainsi, en Bourgogne, une parcelle de vigne précisément délimitée – un « morceau de terroir » en quelque sorte – et dont les conditions naturelles spécifiques (emplacement, géologie, exposition, pente, sol, altitude…) lui donnent une individualité propre. Ce sont ces caractères uniques qui permettent aux cépages bourguignons, le pinot noir et le chardonnay, de s’y acclimater d’une façon privilégiée. Ce sont ces différents facteurs qui, combinés au travail des hommes, donnent naissance à une exceptionnelle diversité de vins aux caractéristiques propres chaque climat.

De la naissance à la reconnaissance des climats de Bourgogne 

 

La notion de climat s’intègre directement dans l’histoire de la viticulture bourguignonne. Si la viticulture existe au moins dès le Ier siècle après J.-C. dans la plaine de Gevrey-Chambertin, ce n’est qu’à partir du VIe siècle que les vignes sont plantées sur des coteaux. On comprend dès lors que c’est à mi-coteau qu’elles produisent les vins de meilleure qualité. L’importance du terroir commence alors à se dessiner, même s’il faut attendre le Moyen-Âge pour que le vignoble soit réellement hiérarchisé. Ce sont en effet les moines cisterciens, fondateurs des abbayes de Cluny puis de Citeaux, qui comprennent les premiers la richesse du terroir bourguignon et qui divisent le vignoble en différents lieux-dits, le plus souvent délimités par des clos, des murets de pierre ou des chemins – la plupart étant encore visibles aujourd’hui.

Il faut cependant attendre le XVIe siècle pour que le terme « climat » apparaisse dans un écrit relatif au Clos de Bèze, à Gevrey-Chambertin. Ce sont dans les siècles suivants que se répandent son usage pour désigner la multitude de lieux-dits que compose le vignoble bourguignon. A partir du XIXe siècle apparaissent les premiers classements visant à définir une hiérarchie des climats. Cette distinction des meilleures parcelles de la région s’ancre définitivement dans les usages lors de la parution des premiers décrets d’appellation d’origine contrôlée à partir de 1936. Les climats deviennent alors de véritables références, notamment pour les vins classés Premiers et Grands Crus, et portent encore aujourd’hui des noms symboliques dont l’origine remonte parfois au Moyen-Âge.

Une histoire qui se poursuit aujourd’hui

 

Les climats racontent en effet eux-mêmes une histoire – celle de leur parcelle. Leurs origines sont multiples. Certains tirent leur nom de leur végétation (Les Genevrières, par exemple, rappelle la présence de génevriers, tandis que Les Bouchots désigne une parcelle particulièrement buissonneuse), d’autres reflètent la constitution du sol de la parcelle (Les Cras ou Les Criots sont particulièrement caillouteux ; Les Perrières rappelle la présence d’anciennes carrières de pierres) ou encore la configuration du terrain (Les Combettes, La Pièce sous le Bois). De nombreux clos témoignent de leur ancienne appartenance à des moines, des seigneurs ou encore des ducs (Le Clos de Bèze ou encore le Clos de Tart furent la propriété des abbayes du même nom, tandis que les terres du Clos du Roi appartenaient aux Ducs de Bourgogne). Ainsi, de leurs caractéristiques géographiques jusqu’à leur nom, les climats sont uniques et participent grandement à la réputation de la région.

Ce caractère unique des climats de Bourgogne a officiellement été reconnu par l’UNESCO, lors de leur inscription au patrimoine mondial le 4 juillet 2015. Cette reconnaissance exprime la volonté de préserver et de valoriser le terroir bourguignon mais également les traditions et savoir-faire viti-vinicoles de la région qui se transmettent de génération en génération. 

L’histoire se poursuit ainsi encore aujourd’hui, les viticulteurs bourguignons s’appliquant à produire des vins reflétant les caractéristiques uniques à chaque climat et à faire ainsi rayonner la Bourgogne à l’échelle régionale, nationale et internationale.

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De Célia Vernant

Membre d'Elyxir, association étudiante d'oenologie.

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